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Le jour où Beethoven a lancé un plat au visage d’un serveur

Un soir, dans une taverne de Vienne, Ludwig van Beethoven a saisi un plat de ragout et l’a lancé à la tête du serveur. Le contenu s’est répandu sur le visage du pauvre homme. Cette Beethoven anecdote caractère n’est pas une légende urbaine : elle fait partie des dizaines d’incidents documentés par les proches du compositeur. Et ce n’est même pas le plus violent.

Ferdinand Ries, élève et ami de Beethoven, a consigné cet épisode dans les « Notices biographiques sur Beethoven » publiées en 1838. Selon son récit, Beethoven avait commandé un plat précis. Le serveur lui avait apporté autre chose. Le compositeur n’a pas demandé de correction. Il a directement envoyé le plat voler.

🎯 Ce qu’il faut retenir

  • L’incident du plat : Beethoven a lancé un ragout au visage d’un serveur viennois après avoir reçu le mauvais plat.
  • Un caractère explosif documenté : Ferdinand Ries et Anton Schindler ont consigné des dizaines de colères similaires.
  • Plus de 70 déménagements : Beethoven a changé de logement au moins 70 fois à Vienne, souvent après des conflits avec ses propriétaires ou voisins.
  • Sa surdité progressive : son isolement croissant a probablement amplifié sa frustration et ses accès de rage.

Ragout, insultes et chaises brandies : le quotidien selon Beethoven

L’épisode du serveur n’avait rien d’exceptionnel. Beethoven traitait les domestiques, les aubergistes et même les aristocrates avec une brusquerie qui choquait la Vienne du début du XIXe siècle. Il accusait régulièrement ses servantes de vol, les renvoyait sans préavis et claquait les portes avec une violence qui faisait trembler les murs.

Anton Schindler, son secrétaire et biographe, a rapporté qu’il était devenu pratiquement impossible de lui trouver du personnel. Les domestiques refusaient de travailler pour lui. Ceux qui acceptaient ne restaient que quelques semaines.

En 1806, la situation a atteint un autre sommet lors d’un séjour au château du prince Karl Lichnowsky, l’un de ses principaux mécènes. Beethoven a refusé de jouer devant des officiers français présents au dîner. Quand le prince a insisté, le compositeur a menacé de lui fracasser une chaise sur la tête. Il a quitté le château dans la nuit, sous la pluie, et a rompu tout lien avec Lichnowsky pendant des années.

C’est à la suite de cet épisode qu’on lui attribue cette phrase devenue célèbre : « Des princes, il y en a et il y en aura des milliers. Il n’y a qu’un seul Beethoven. »

Pourquoi Beethoven était-il aussi difficile ?

Plusieurs facteurs expliquent ce tempérament. Le premier est bien connu : sa surdité progressive. Les premiers symptômes sont apparus vers 1798, alors qu’il avait 27 ans. Dès 1802, il rédigeait le Testament de Heiligenstadt, une lettre déchirante à ses frères dans laquelle il avouait avoir songé au suicide.

L’isolement provoqué par la perte d’audition a nourri une méfiance permanente envers les autres. Beethoven soupçonnait qu’on se moquait de lui, qu’on lui mentait ou qu’on profitait de sa faiblesse. Chaque malentendu (au sens littéral) pouvait dégénérer en crise de colère.

Mais sa personnalité explosive existait avant la surdité. Son enfance à Bonn avait été marquée par un père alcoolique, Johann van Beethoven, qui le forçait à pratiquer le piano pendant des heures et le frappait quand il se trompait. Les biographes s’accordent sur ce point : la violence faisait partie de son environnement dès le plus jeune âge.

💡 Le saviez-vous ?

Beethoven a changé de logement au moins 70 fois au cours de ses 35 années passées à Vienne. La raison principale : des conflits répétés avec ses propriétaires et ses voisins, excédés par le bruit (il jouait à toute heure) et par ses accès de colère. Certains appartements ont été quittés après seulement quelques semaines.

Le génie qu’on tolérait malgré tout

Ce qui frappe, c’est que la haute société viennoise a continué à le protéger. En 1809, trois de ses mécènes (l’archiduc Rodolphe, le prince Lobkowitz et le prince Kinsky) lui ont accordé une rente annuelle de 4 000 florins pour qu’il reste à Vienne et ne parte pas à la cour de Jérôme Bonaparte en Westphalie.

Ils savaient exactement à qui ils avaient affaire. Beethoven les avait insultés, avait refusé de jouer quand on le lui demandait et traitait les conventions sociales avec un mépris affiché. Mais sa musique rendait tout le reste secondaire.

Le serveur viennois aspergé de ragout ne le savait probablement pas, mais il avait été frappé par l’homme qui allait composer la Symphonie n°9. L’histoire n’a pas retenu son nom. Elle a retenu celui de Beethoven (et son sale caractère avec).

Beethoven et son caractère : foire aux questions

Beethoven a-t-il vraiment lancé un plat au visage d’un serveur ?

Oui, cet épisode est rapporté par Ferdinand Ries, élève et proche de Beethoven, dans ses « Notices biographiques sur Beethoven » publiées en 1838. Le compositeur aurait reçu un plat qu’il n’avait pas commandé et aurait réagi en lançant le ragout à la tête du serveur.

Pourquoi Beethoven avait-il un caractère aussi difficile ?

Plusieurs facteurs se combinent : une enfance marquée par la violence d’un père alcoolique, une surdité progressive apparue dès 1798 et un tempérament naturellement explosif. Sa perte d’audition a accentué sa méfiance et son isolement social.

Combien de fois Beethoven a-t-il déménagé à Vienne ?

Au moins 70 fois en 35 ans. Ses conflits avec les propriétaires et les voisins rendaient chaque logement temporaire. Le bruit de son piano à toute heure et ses colères étaient les causes principales.

Quelle est la célèbre phrase de Beethoven sur les princes ?

Après un conflit avec le prince Lichnowsky en 1806, Beethoven aurait déclaré : « Des princes, il y en a et il y en aura des milliers. Il n’y a qu’un seul Beethoven. » Cette citation illustre parfaitement la conscience qu’il avait de son propre génie.

Beethoven était-il violent physiquement ?

Il n’y a pas de témoignage fiable de violences physiques directes sur des personnes (en dehors du lancer de plat). Ses colères se manifestaient surtout par des insultes, des menaces, des objets lancés et des portes claquées. Il a cependant menacé le prince Lichnowsky avec une chaise en 1806.

Comment les Viennois supportaient-ils son caractère ?

Sa musique lui valait une protection exceptionnelle. En 1809, trois mécènes lui ont accordé une rente annuelle de 4 000 florins pour le retenir à Vienne. Son génie musical rendait ses excès de caractère tolérables aux yeux de l’aristocratie.

Photo de Jordane

Article proposé par Jordane

Pianiste depuis l'âge de 8 ans et passionné de musique, Jordane chante aujourd'hui dans plusieurs chœurs, où il continue de perfectionner sa voix de ténor. Curieux et amoureux du répertoire classique, il partage avec enthousiasme ses conseils pour accompagner les musiciens débutants et passionnés dans leur apprentissage.

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