Votre enfant entre au conservatoire. Le conseiller pédagogique pose la question : « Plutôt clarinette ou hautbois ? » Vous regardez les deux instruments exposés dans la vitrine. Deux tubes noirs, des clés argentées, un pavillon évasé. Ils se ressemblent. Vous ne savez pas quoi répondre.
Ou alors c’est vous, adulte, qui avez décidé de vous lancer dans la musique. Vous avez toujours aimé le son des bois dans l’orchestre. Mais lequel choisir ? Vous avez lu quelques articles, écouté des extraits sur YouTube. Vous hésitez encore.
Cette confusion est normale. Clarinette et hautbois partagent une silhouette commune. Pourtant, ce sont deux instruments au tempérament radicalement différent. Choisir l’un plutôt que l’autre n’est pas anodin : sensation de jeu, courbe d’apprentissage, répertoire, budget… tout varie. Et se tromper, c’est risquer des mois de frustration face à un instrument qui ne vous correspond pas.
Ce guide ne vous donnera pas de fiche technique abstraite. Il vous aidera à faire un choix éclairé, en fonction de ce que vous recherchez vraiment : quel son vous attire, quel parcours d’apprentissage vous convient, quelles contraintes vous pouvez accepter. À la fin de cet article, vous saurez lequel est fait pour vous.
Et si vous souhaitez approfondir l’un ou l’autre instrument, vous trouverez des dizaines de guides pratiques sur nos pages dédiées : Apprendre le hautbois et Apprendre la clarinette.
Clarinette vs Hautbois : le comparatif en un coup d’œil
| Critère | Clarinette | Hautbois |
|---|---|---|
| Type d’anche | Anche simple sur bec | Anche double (sans bec) |
| Timbre | Chaud, rond, velouté. Large palette du grave profond à l’aigu brillant. | Fin, nasillard, pénétrant. Proche de la voix humaine, très expressif. |
| Difficulté au démarrage | Accessible. Son produit rapidement, progrès visibles en quelques semaines. | Exigeant. Plusieurs semaines pour stabiliser le son et la justesse. |
| Premiers morceaux | 2 à 3 mois | 4 à 6 mois |
| Intégrer un ensemble | Environ 1 an | 1 à 2 ans |
| Prix instrument d’étude (neuf) | 400 € à 1 000 € | 1 200 € à 3 000 € |
| Location mensuelle | 20 à 25 € | 30 à 50 € |
| Coût des anches (par an) | 50 à 100 € (boîtes de 10 anches) | 150 à 300 € (anches vendues à l’unité, plus fragiles) |
| Trouver un professeur | Très facile. Enseigné partout. | Plus difficile hors grandes villes. Vérifier la disponibilité avant de se lancer. |
| Styles musicaux | Classique, jazz, klezmer, musiques du monde, variété, orchestre d’harmonie. | Classique, baroque, musique contemporaine, orchestre symphonique. |
| Place dans l’orchestre | Pupitre fourni (2-3 musiciens). Rôle mélodique et d’accompagnement. | Pupitre restreint (1-2 musiciens). Solos fréquents. Donne le « la » d’accord. |
| Polyvalence | Très polyvalent. S’adapte à de nombreux contextes. | Plus spécialisé. Identité sonore forte, répertoire concentré. |
| Pour qui ? | Ceux qui veulent progresser vite, explorer des styles variés, limiter les contraintes. | Ceux qui sont séduits par son timbre unique et prêts à investir temps et budget. |
Pourquoi on les confond (et ce qui les différencie fondamentalement)
La ressemblance visuelle est frappante. Corps en bois sombre (généralement du grenadille), clés métalliques disposées le long du tube, pavillon qui s’évase à l’extrémité. Quand on ne connaît pas ces instruments, on peut légitimement les prendre pour des cousins très proches.
Ils appartiennent bien à la même famille (les bois), mais la comparaison s’arrête là.
La différence fondamentale tient en deux mots, le système d’anche :
- La clarinette fonctionne avec une anche simple. Une lamelle de roseau, fixée sur un bec en ébonite ou en plastique à l’aide d’une ligature. Le musicien place ses lèvres autour du bec, souffle, et l’anche vibre contre le bec pour produire le son. Le bec fait l’essentiel du travail de mise en vibration.
- Le hautbois fonctionne avec une anche double. Pas de bec. Deux fines lamelles de roseau ligaturées ensemble, que le musicien place directement entre ses lèvres. C’est le souffle et la pression des lèvres qui font vibrer les deux lamelles l’une contre l’autre. Rien ne s’interpose entre le musicien et la vibration.
Cette différence mécanique change tout. La clarinette offre une interface plus « confortable » entre le musicien et l’instrument. Le hautbois établit un lien plus direct, plus exigeant, plus intime aussi. C’est de cette distinction que découlent toutes les autres : le timbre, la difficulté d’apprentissage, l’entretien, le prix.
Quel son vous attire ?
C’est souvent le critère décisif. Avant même de parler technique ou budget, il y a cette question simple : quel timbre vous fait vibrer ? Celui que vous aurez envie d’entendre pendant des heures de pratique, celui qui vous donnera la motivation de persévérer.
Le son de la clarinette
Chaud, rond, velouté dans le grave. Brillant et incisif dans l’aigu. La clarinette possède une palette expressive remarquablement large. Elle peut se faire douce, presque feutrée, ou éclater avec puissance. C’est un instrument caméléon, capable de s’adapter à des univers musicaux très différents.
Vous l’avez certainement déjà entendue sans le savoir. Le glissando d’ouverture de Rhapsody in Blue de Gershwin, c’est elle. Les mélodies plaintives et ornementées du klezmer, c’est elle aussi. Le jazz New Orleans, les musiques de film, les orchestres d’harmonie : la clarinette est partout.
Son registre est l’un des plus étendus parmi les instruments à vent. Près de quatre octaves, du grave profond (le fameux « chalumeau ») jusqu’à l’aigu perçant. Cette étendue lui permet de jouer des rôles très variés : mélodie principale, accompagnement, contrechant.
Le son du hautbois
Plus fin, plus « serré », avec une qualité nasale et pénétrante qui le rend immédiatement reconnaissable. Dans un orchestre, le hautbois se détache sans effort. Il ne se fond pas dans la masse : il chante au-dessus.
On compare souvent son timbre à une voix humaine. Il y a quelque chose de vocal dans sa façon de porter la mélodie, de vibrer, de respirer. C’est l’instrument des solos poignants, des thèmes qui restent en tête longtemps après le concert.
Vous l’avez entendu dans le thème du cygne au début du Lac des cygnes. Dans le canard de Pierre et le Loup. Dans la bande originale de Mission d’Ennio Morricone, ce thème obsédant joué sur fond de cascades. Le hautbois, c’est l’émotion à l’état brut.
Écoutez par vous-même
Les mots ne suffisent pas. Prenez quelques minutes pour écouter ces deux timbres. Cette courte vidéo comparative vous permettra d’entendre clairement la différence :
Fermez les yeux. Lequel vous donne envie d’en entendre plus ? Lequel provoque une émotion, même fugace ? Cette réaction instinctive est précieuse. Elle vous indique souvent la bonne direction.
En résumé : si vous êtes attiré par la rondeur, la chaleur et la polyvalence, la clarinette vous correspondra. Si c’est la finesse, l’intensité expressive et le caractère unique qui vous parlent, le hautbois vous appelle.
Quel parcours d’apprentissage vous correspond ?
C’est l’angoisse légitime de tout débutant : « Est-ce que je vais galérer pendant des mois avant de sortir un son correct ? » La réponse dépend de l’instrument choisi. Clarinette et hautbois n’offrent pas la même courbe d’apprentissage.
Les premières semaines à la clarinette
Bonne nouvelle : sortir un son à la clarinette est relativement accessible. Avec un positionnement correct de l’embouchure et un souffle régulier, vous produirez des notes reconnaissables dès les premières séances. Pas forcément belles, pas forcément justes, mais identifiables.
Le doigté est logique, progressif. Si vous avez déjà pratiqué la flûte à bec, vous retrouverez une organisation similaire (en plus sophistiqué). Les premiers morceaux simples (une comptine, un thème connu) arrivent généralement en deux à trois mois de pratique régulière.
Les vraies difficultés techniques viennent plus tard : passage au registre aigu, maîtrise des nuances, justesse fine, vélocité. Mais au début, la courbe de progression est encourageante. Vous avez rapidement le sentiment d’avancer, de jouer « pour de vrai ».
Les premières semaines au hautbois
Le hautbois est réputé difficile. Cette réputation est en partie justifiée, surtout au démarrage.
L’anche double demande un contrôle précis. Il faut trouver le bon équilibre entre la pression des lèvres, la quantité d’air envoyée et la position de l’anche dans la bouche. Trop de pression : le son devient strident. Pas assez : rien ne sort, ou alors un couinement incontrôlable.
Les premières notes sont souvent instables. Trop aiguës. Façon « canard ». Il faut accepter cette phase d’apprivoisement, qui peut durer plusieurs semaines. Le corps doit apprendre des sensations nouvelles : la résistance de l’anche, la gestion du souffle (on envoie peu d’air, mais avec beaucoup de pression), la fatigue des muscles des lèvres.
Mais une fois ce cap passé, la progression devient très gratifiante. Le lien direct entre votre souffle et le son produit donne une expressivité immédiate. Vous sentez que l’instrument répond à vos intentions, à vos émotions. C’est cette intimité qui rend le hautbois si attachant pour ceux qui persévèrent.
Des repères temporels réalistes
Ces estimations supposent une pratique régulière (30 minutes à 1 heure par jour) avec un professeur :
Clarinette :
- Jouer une mélodie simple reconnaissable : 2 à 3 mois
- Maîtriser les bases du premier registre : 6 mois à 1 an
- Intégrer un petit ensemble ou un orchestre débutant : environ 1 an
Hautbois :
- Produire un son stable et contrôlé : 2 à 4 mois
- Jouer une mélodie simple avec une justesse correcte : 4 à 6 mois
- Intégrer un ensemble adapté à votre niveau : 1 à 2 ans
La question de l’endurance
Un point rarement abordé : le hautbois fatigue physiquement, surtout au début. Le principe de l’anche double impose de souffler contre une forte résistance. Les muscles des lèvres (ce qu’on appelle l’embouchure) travaillent intensément. Les premières semaines, vous ne pourrez peut-être jouer que 15 ou 20 minutes avant de sentir vos lèvres « lâcher ».
La clarinette est moins exigeante sur ce plan. L’anche simple offre moins de résistance, et la fatigue musculaire est plus progressive.
En résumé : si vous voulez des résultats rapides et une progression régulière dès le départ, la clarinette est plus adaptée. Si vous êtes prêt à investir du temps dans la maîtrise du son, si le défi vous stimule plutôt qu’il ne vous décourage, le hautbois vous récompensera.
Budget et contraintes pratiques : ce qu’on ne vous dit pas toujours
Au-delà du son et de la difficulté, il y a des réalités concrètes à prendre en compte. Le budget, bien sûr. Mais aussi l’entretien, la disponibilité des professeurs, la possibilité de jouer chez soi. Ces aspects peuvent faire basculer une décision.
Le coût d’acquisition
– La clarinette est nettement plus accessible. Un modèle d’étude neuf, suffisant pour plusieurs années de pratique, coûte entre 400 et 1 000 €. On trouve de belles occasions dès 250 €, à condition de vérifier l’état des tampons et du liège. La location est également répandue : comptez 20 à 25 € par mois dans la plupart des magasins de musique. Pour plus de détails sur les gammes de prix, consultez notre article sur le prix des clarinettes.
Le hautbois représente un investissement plus conséquent. Un modèle d’étude neuf se situe entre 1 200 et 3 000 €. Les occasions sont plus rares et demandent une vérification minutieuse (le mécanisme du hautbois est complexe et les réparations coûteuses). La location oscille entre 30 et 50 € par mois. Notre guide Combien coûte un hautbois ? détaille toutes les options : neuf, occasion, location-vente, aides financières possibles.
Pourquoi cet écart de prix ? La fabrication du hautbois est plus complexe. Le mécanisme comporte davantage de clés, les ajustements sont plus délicats, et le marché étant plus restreint, les économies d’échelle jouent moins.
Le coût des anches (le poste souvent oublié)
C’est là que la différence se creuse encore :
- Pour la clarinette, les anches se vendent par boîtes de 10, entre 25 et 35 € selon la marque. Une anche dure de quelques semaines à quelques mois selon l’intensité de votre pratique. Budget annuel estimé pour un débutant : 50 à 100 €. Rien de dramatique.
- Pour le hautbois, c’est une autre histoire. Une anche coûte entre 15 et 25 € pièce. Et elle est fragile : sensible à l’humidité, à la température, aux chocs. Sa durée de vie varie de quelques semaines à deux mois dans le meilleur des cas. Budget annuel pour un débutant : 150 à 300 €, parfois plus.
À terme, beaucoup de hautboïstes apprennent à fabriquer ou retailler leurs propres anches. C’est un savoir-faire à part entière, qui demande du matériel (gouges, couteaux, fil de laiton) et de la patience. Certains y trouvent un plaisir artisanal. D’autres considèrent cela comme une contrainte. Dans tous les cas, c’est une dimension supplémentaire à intégrer.
Trouver un professeur
- La clarinette s’enseigne partout. Conservatoires, écoles de musique municipales, associations, cours particuliers : vous n’aurez aucun mal à trouver un enseignant, même dans une petite ville. L’instrument est populaire, les professeurs nombreux.
- Le hautbois est plus confidentiel. Dans les grandes villes et les conservatoires bien dotés, pas de problème. Mais dans les zones moins urbaines, la classe de hautbois peut être absente ou afficher une longue liste d’attente. Avant de vous engager, vérifiez qu’un enseignement est accessible près de chez vous. Ce serait dommage de craquer pour l’instrument et de ne pas pouvoir apprendre correctement.
Si vous envisagez le hautbois, notre guide Quel hautbois choisir pour débuter ? vous aidera également à identifier les points de vigilance avant l’achat.
Jouer chez soi
Les deux instruments produisent un volume sonore conséquent. Si vous vivez en appartement avec des voisins sensibles, la question mérite réflexion :
- La clarinette peut se montrer légèrement plus discrète dans son registre grave. Il existe des sourdines (dispositifs d’atténuation), mais leur efficacité reste limitée et elles modifient la sensation de jeu.
- Pour le hautbois, pas vraiment de solution miracle. Le son porte, traverse les murs, et aucun accessoire ne permet de l’atténuer significativement sans dénaturer l’instrument.
Dans les deux cas : prévenez vos voisins, négociez des créneaux horaires, ou cherchez un local de répétition. C’est le lot de tous les instruments à vent.
En résumé : la clarinette est objectivement plus accessible sur le plan financier et logistique. Le hautbois demande un investissement plus important en argent, en temps passé sur les anches, en recherche d’un professeur. Ce n’est pas rédhibitoire, mais il faut le savoir avant de se lancer.
Quel univers musical vous attire ?
Un instrument, c’est aussi une porte d’entrée vers un répertoire, des ensembles, une culture musicale. Clarinette et hautbois n’ouvrent pas exactement les mêmes portes.
Avec la clarinette, vous pourrez jouer…
- En orchestre d’harmonie : c’est le format le plus répandu pour les musiciens amateurs. La clarinette y tient un rôle central, souvent mélodique.
- En orchestre symphonique : deux à trois clarinettes dans la plupart des formations, avec des solos réguliers dans le répertoire romantique et moderne.
- En musique de chambre : quintette à vent, trio d’anches, duo avec piano… Les combinaisons sont nombreuses.
- En jazz : du New Orleans au swing, la clarinette a ses lettres de noblesse. Sidney Bechet, Benny Goodman, plus récemment Anat Cohen.
- En klezmer et musiques traditionnelles : Europe de l’Est, musique balkanique, musique turque… La clarinette voyage.
- En variété et musiques actuelles : moins fréquent, mais possible. La clarinette s’invite parfois dans des projets pop, chanson, musiques du monde.
- Seul, avec accompagnement : de nombreuses méthodes, playbacks et partitions permettent de jouer chez soi avec un accompagnement piano ou orchestre.
La clarinette est un instrument « social ». Les opportunités de jouer avec d’autres sont nombreuses, dans des styles très variés. Si vous aimez explorer, changer de registre, passer du classique au jazz selon l’humeur, elle vous conviendra.
Avec le hautbois, vous pourrez jouer…
- En orchestre symphonique : c’est le terrain de prédilection du hautbois. Deux hautboïstes par formation en général, souvent rejoints par un cor anglais (cousin grave du hautbois). Les solos sont fréquents et marquants. C’est le hautbois qui donne le « la » d’accord à l’orchestre, un rôle symbolique fort.
- En orchestre d’harmonie : présent mais moins central que la clarinette. Souvent un ou deux pupitres.
- En musique de chambre : quintette à vent, trio d’anches, duo avec piano. Un répertoire riche, de Mozart à Poulenc.
- En musique baroque : avec un hautbois baroque (instrument historique), vous accédez à un répertoire magnifique, Bach, Haendel, Vivaldi. Une spécialisation passionnante pour les amoureux de cette époque.
- En musique contemporaine : le hautbois inspire les compositeurs d’aujourd’hui. Répertoire exigeant, mais riche en couleurs et en techniques étendues.
Le hautbois est plus concentré sur le répertoire classique, baroque et contemporain. Moins de polyvalence stylistique, mais une place privilégiée dans l’orchestre. Si vous rêvez de jouer le solo du deuxième mouvement d’une symphonie de Brahms, c’est lui qu’il vous faut.
En résumé : si vous voulez explorer des styles variés et multiplier les contextes de jeu, la clarinette offre plus de flexibilité. Si l’orchestre classique vous fait rêver et que vous aimez l’idée d’un instrument au caractère affirmé, le hautbois vous y conduira.
Clarinette ou hautbois : trois profils pour vous aider à trancher
Vous avez lu les sections précédentes. Vous avez écouté des extraits. Vous pesez encore le pour et le contre. Voici trois profils types pour vous aider à vous reconnaître.
Profil 1 : « Je veux jouer rapidement et explorer des styles variés »
Vous êtes pragmatique. Vous voulez pouvoir jouer des morceaux reconnaissables dans les premiers mois, intégrer un groupe ou un orchestre assez vite, sans vous battre pendant des semaines pour sortir une note stable. Vous aimez l’idée de pouvoir passer du classique au jazz, de jouer dans un orchestre d’harmonie le dimanche et de déchiffrer un standard le soir. Le budget compte, et vous préférez limiter les complications logistiques.
Votre instrument : la clarinette.
Profil 2 : « Je suis attiré par le son unique du hautbois et prêt à relever le défi »
Vous avez entendu un solo de hautbois qui vous a ému. Peut-être dans un concert, peut-être dans une bande originale de film. Ce timbre particulier, à la fois fragile et intense, vous reste en tête. Vous aimez l’idée d’un instrument rare, au caractère fort, qui ne ressemble à aucun autre. Vous êtes patient. Les débuts difficiles ne vous effraient pas, au contraire, le défi vous stimule. Vous avez le budget nécessaire (ou la possibilité de louer), et un professeur est accessible dans votre secteur.
Votre instrument : le hautbois.
Profil 3 : « Je ne sais vraiment pas, les deux m’attirent »
Vous avez lu cet article en entier. Vous avez écouté des extraits des deux instruments. Et vous hésitez toujours. Les deux timbres vous plaisent. Les deux univers vous intéressent.
Dans ce cas, notre conseil : commencez par la clarinette.
Ce n’est pas un choix par défaut. C’est un choix stratégique. La clarinette vous donnera des bases solides : lecture musicale, technique de souffle, sens du phrasé, habitude de jouer en ensemble. Vous progresserez vite, ce qui entretiendra votre motivation. Et si, après un an ou deux, le hautbois continue de vous appeler, la transition sera possible. Certains clarinettistes se mettent au hautbois plus tard dans leur parcours. Leur expérience du souffle et leur oreille les aident à franchir les premières difficultés plus sereinement.
L’inverse (commencer par le hautbois puis passer à la clarinette) fonctionne aussi, mais le chemin est plus escarpé au départ.
Ce qu’il faut retenir
Clarinette et hautbois sont deux instruments magnifiques. Mais ils ont des personnalités très différentes.
La clarinette séduit par son accessibilité, sa rondeur sonore et sa polyvalence. Elle permet de jouer rapidement des morceaux gratifiants, d’explorer des styles variés, de rejoindre facilement des ensembles. C’est un choix sûr, qui convient à la plupart des débutants.
Le hautbois attire par son timbre unique, son intensité expressive et sa place singulière dans l’orchestre. Il demande plus de patience au départ, un budget plus conséquent, une attention particulière aux anches. Mais il offre une relation intime avec le son, une expressivité immédiate, et la fierté de maîtriser un instrument rare.
Le bon choix n’est pas celui qui est « objectivement meilleur ». Il n’existe pas. C’est celui qui correspond à votre tempérament, vos envies, vos contraintes, votre patience.

Le Conseil des Clés de la Musique
Avant de décider, écoutez et essayez. Prenez le temps d’écouter des enregistrements des deux instruments dans différents contextes : solo, orchestre, musique de chambre, jazz pour la clarinette. Si possible, assistez à un concert ou une audition d’école de musique pour les entendre en vrai. Et si vous le pouvez, essayez les deux avec un professeur lors d’un cours découverte. Quelques minutes d’essai valent parfois mieux que des heures de lecture.
Quel que soit votre choix, vous entrez dans un monde musical passionnant. La clarinette et le hautbois ont accompagné des siècles de musique, des œuvres baroques aux compositions contemporaines. Ils continueront de faire vibrer les salles de concert et les cœurs des musiciens.
À vous de jouer.
Pour approfondir, retrouvez nos guides complets : Apprendre le hautbois et Apprendre la clarinette.
Article proposé par Jordane
Pianiste depuis l'âge de 8 ans et passionné de musique, Jordane chante aujourd'hui dans plusieurs chœurs, où il continue de perfectionner sa voix de ténor. Curieux et amoureux du répertoire classique, il partage avec enthousiasme ses conseils pour accompagner les musiciens débutants et passionnés dans leur apprentissage.
