- Catégorie : partie d’instrument (mécanisme)
- Instrument(s) : clarinette (et autres bois à clés : hautbois, flûte, saxophone)
- Matériau : maillechort argenté, nickel ou argent massif
- Rôle : ouvrir et fermer les trous de ton pour produire les différentes notes
- Entretien : nettoyage régulier des clés, graissage des axes, remplacement périodique des tampons
Quand on parle du clétage d’une clarinette, on désigne l’ensemble du mécanisme métallique (clés, leviers, axes, ressorts et tampons) qui permet au musicien d’ouvrir et de fermer les trous de l’instrument pour produire chaque note de sa tessiture. C’est grâce à ce système que la clarinette peut couvrir près de quatre octaves alors que les doigts du clarinettiste ne couvrent directement que quelques trous.
Un clétage bien conçu fait toute la différence entre un instrument agréable à jouer et un instrument qui résiste à chaque passage technique.
Comment fonctionne le clétage d’une clarinette ?
Le principe est simple : chaque clé est un levier métallique monté sur un axe, équipé à son extrémité d’un tampon (une pastille souple recouverte de peau ou de feutre) qui vient boucher hermétiquement un trou percé dans le corps de l’instrument. Quand le doigt appuie sur la clé, le tampon se soulève ou se referme selon le mécanisme, modifiant ainsi la longueur de la colonne d’air vibrante et donc la hauteur du son.
Une clarinette soprano en si bémol standard possède 17 clés et 6 anneaux (système Boehm) ou un nombre légèrement différent selon le système utilisé. Le tout est relié par un réseau de tringles et de correspondances qui permettent à un seul doigt de commander plusieurs tampons simultanément.
Les principaux éléments du clétage sont :
- Les clés proprement dites : leviers actionnés par les doigts (clé de registre, clés de trille, clés de la patte basse)
- Les anneaux : cercles métalliques entourant certains trous, qui déclenchent des mécanismes associés quand le doigt les recouvre
- Les axes et tringles : tiges métalliques qui relient les clés entre elles et transmettent le mouvement
- Les ressorts : aiguilles ou lames qui ramènent chaque clé en position de repos
- Les tampons : pastilles souples qui assurent l’étanchéité de chaque trou
Système Boehm ou système allemand : deux clétages différents
Tous les clétages de clarinette ne se ressemblent pas. Deux grands systèmes coexistent aujourd’hui et influencent directement la disposition des clés, les doigtés et même le son de l’instrument.
Le système Boehm (ou « système français ») est le plus répandu dans le monde. Développé au XIXe siècle par Hyacinthe Klosé et Auguste Buffet en s’inspirant des travaux de Theobald Boehm pour la flûte, il utilise des anneaux mobiles et offre des doigtés relativement logiques. C’est le système enseigné dans la grande majorité des conservatoires français et internationaux.
Le système Oehler (ou « système allemand ») est utilisé principalement en Allemagne et en Autriche. Son clétage est plus complexe, avec davantage de clés et un agencement différent. Il produit un son souvent décrit comme plus sombre et plus couvert. Les clarinettistes formés à un système passent rarement à l’autre : changer de clétage, c’est quasiment réapprendre l’instrument.
Pour un débutant qui se demande quelle clarinette d’étude choisir, la question ne se pose généralement pas : en France, on apprend sur un système Boehm.
Le saviez-vous ?
Avant l’invention du clétage moderne, les clarinettes primitives du XVIIIe siècle ne possédaient que deux clés. Les clarinettistes devaient recourir à des doigtés de fourche complexes et souvent faux pour produire les notes chromatiques manquantes. C’est l’ajout progressif de clés au fil des décennies (5 clés, puis 13, puis 17 et plus) qui a transformé la clarinette en l’instrument virtuose et chromatique qu’on connaît aujourd’hui. L’histoire de la clarinette est en grande partie l’histoire de son clétage.
Bien entretenir son clétage : les gestes qui comptent
Un clétage mal entretenu, c’est des clés qui collent, des tampons qui fuient et des notes qui ne sortent plus correctement. Voici les bons réflexes :
- Après chaque session de jeu : passer un écouvillon dans l’instrument pour absorber l’humidité. L’eau de condensation est l’ennemi numéro un des tampons.
- Régulièrement : glisser un papier à cigarette (ou un papier spécial clarinette) entre le tampon et le trou pour absorber l’humidité résiduelle et éviter que le tampon ne colle.
- Tous les quelques mois : vérifier visuellement l’état des tampons. Un tampon abîmé, déchiré ou durci ne ferme plus correctement et provoque des fuites d’air.
- Une fois par an (au minimum) : confier l’instrument à un technicien pour une révision complète du clétage (réglage des clés, entretien approfondi, remplacement des tampons usés, graissage des axes).
Attention : ne jamais graisser soi-même les axes des clés sans savoir exactement quoi utiliser et en quelle quantité. Une goutte d’huile mal placée peut migrer vers un tampon et le rendre inutilisable. Laissez cette opération à un réparateur qualifié si vous n’êtes pas sûr de vous.
Autre point souvent négligé : la graisse à liège appliquée sur les tenons n’a rien à voir avec le clétage, mais un tenon mal graissé force au montage et peut tordre les clés adjacentes. Tout est lié.
Clétage ≠ Doigté : le clétage désigne le mécanisme physique (les clés métalliques et leurs composants). Le doigté désigne la combinaison de clés et de trous que le musicien utilise pour produire une note précise. Le clétage est sur l’instrument, le doigté est dans les mains du clarinettiste.
Clétage ≠ Barillet : le barillet est la petite pièce cylindrique située entre le bec et le corps du haut. Il ne porte aucune clé et sert uniquement à ajuster l’accord général de l’instrument.
Clétage Boehm ≠ Clétage Oehler : deux systèmes de clés différents, avec des dispositions, des doigtés et des sonorités distinctes. Les instruments et les méthodes ne sont pas interchangeables.
Questions fréquentes sur le clétage
Combien de clés possède une clarinette ?
Une clarinette en si bémol système Boehm standard possède 17 clés et 6 anneaux. Certains modèles professionnels ajoutent des clés supplémentaires (clé de mi bémol grave améliorée, clé de la bémol/mi bémol gauche) pour faciliter certains doigtés. Les clarinettes système Oehler comptent généralement davantage de clés.
Pourquoi mes clés collent-elles ?
Les tampons absorbent l’humidité de la condensation produite par le souffle. En séchant, cette humidité rend la surface du tampon légèrement collante. Le remède : glisser un papier absorbant entre le tampon et le trou après chaque utilisation et bien écouvillonner l’instrument. Si le problème persiste, les tampons sont probablement à remplacer.
En quel matériau sont fabriquées les clés de clarinette ?
La grande majorité des clés sont en maillechort (un alliage de cuivre, nickel et zinc) recouvert d’un placage d’argent. Sur les modèles d’entrée de gamme, on trouve parfois du nickelage simple. Quelques modèles haut de gamme proposent des clés en argent massif, plus lourdes et réputées pour modifier légèrement la résonance.
Peut-on réparer soi-même une clé tordue ?
C’est fortement déconseillé. Une clé tordue nécessite un réalignement précis au dixième de millimètre. Forcer à la main risque de casser le ressort, d’endommager l’axe ou de fausser le réglage d’autres clés liées au même mécanisme. Confiez toujours ce type de réparation à un technicien spécialisé en instruments à vent.
Article proposé par Jordane
Pianiste depuis l'âge de 8 ans et passionné de musique, Jordane chante aujourd'hui dans plusieurs chœurs, où il continue de perfectionner sa voix de ténor. Curieux et amoureux du répertoire classique, il partage avec enthousiasme ses conseils pour accompagner les musiciens débutants et passionnés dans leur apprentissage.
